Oser 60 % dès le premier tour
Et si, en 2027, nous décidions d’élire le futur président dès le premier tour ?
Pas juste une qualification. Plus besoin d’un second tour pour éliminer quelqu’un.
Remporter l’élection. Avec 60 % des voix dès le premier tour.
Cela paraîtra impossible à beaucoup. Peut-être que nous avons trop l’habitude d’élections où chaque candidat vient chercher sa part : récupérer quelques pour cent ici, séduire une clientèle là, faire une promesse ailleurs. Chacun défend son programme, soigne ses intérêts, cultive ses préférences. Puis les sondeurs font le tri et commencent les pronostics pour imaginer qui sera à même de se glisser au second tour.
Nous connaissons tous la suite. Je vous propose de renverser la table.
Commençons par choisir un pays.
Dans quel pays aimerions-nous vivre dans dix ou quinze ans ? Dans quel pays voudrions-nous travailler, entreprendre, élever nos enfants, vieillir et transmettre ? Que voulons-nous absolument préserver ? Que devrons-nous reconstruire ? Quelles libertés, quelles solidarités, quelle indépendance voulons-nous garder ?
Et surtout : qu’est-ce qui est indispensable pour chacun d’entre nous ?
Bien sûr, nous n’aurons pas tout ce que nous désirons. C’est la vie, il y a l’idéal, le possible, le facile… et les compromis !
Voyons ensemble où nous en sommes.
Le pays est très endetté, ses marges sont très réduites, les transformations nécessaires (le climat, la raréfaction des ressources) sont trop importantes pour faire seulement confiance aux promesses des uns et des autres. Nous devons reprendre la main.
Déjà, on commence à assister au concours de la découpe, un milliard ici, 10 milliards là-bas, 130 plus loin. Quelques-uns cherchent aussi à opposer les générations. Certains nous parlent de nouvelles taxes. Mais qui va nous dire comment rendre le pays plus riche ?
Quoi qu’il en soit. D’accord ou pas, le pays devra choisir, investir, renoncer parfois, protéger certaines choses avant d’en différer d’autres. En un mot, il faudra arbitrer.
Un candidat pourrait sortir de nulle part. Un outsider. Quelqu’un que personne n’attend, mais qui partage cette ambition pour la France, comprend les défis qui l’attendent et sait susciter la confiance nécessaire pour rassembler autour de lui.
Nous ne savons pas aujourd’hui qui il sera. Mais si cette personne apparaît et si les Français se reconnaissent dans ce qu’elle porte, alors une rencontre devient possible.
Alors, voici le deal que je vous propose : choisissons notre pays de demain. Choisir nous obligera, surtout, à faire nos arbitrages avant de voter. À nous organiser pour qu’un nouveau 2008 ne soit plus jamais possible. Pour éviter cela, il nous faut une nouvelle approche.
Mais rien ne pourra se faire sans une majorité de convictions.
Nous ne partagerons jamais tous 100 % du même idéal. Nous pouvons en revanche découvrir que nous sommes suffisamment nombreux à nous retrouver sur l’essentiel.
Alors, pourquoi continuer à nous séparer sur ce qui nous distingue, si nous pouvons nous rassembler sur le pays que nous voulons ?
Si nous le voulons, c’est possible. Alors, arrêtons les petits calculs et les stratégies de café du Commerce. Si cette convergence est possible, osons construire une majorité de convictions dès le premier tour.
C’est cela, le Pacte.
Personne n’a besoin d’abandonner ses convictions. Juste de regarder ce qu’ensemble, nous considérons, indispensable pour relever notre pays. Voir ce que nous sommes prêts à laisser de côté pour avancer. À ce moment-là, élire un président dès le premier tour n’est plus une utopie, c’est juste une décision logique
Alors une majorité pourra se construire. Pas une majorité contre quelqu’un. Une majorité pour un pays, notre pays !
Oser 60 %, c’est accepter de ne pas tout obtenir pour retrouver la force d’agir sur l’essentiel.
Personne ne peut prévoir les cinq années qui viennent avec un catalogue de centaines de mesures. Personne ne peut anticiper les crises, les ruptures technologiques, les guerres, les difficultés ou les possibilités qui surgiront.
Celui qui portera cette ambition aura une boussole : le cap annoncé avant l’élection. Il pourra faire les arbitrages indispensables, et chacun pourra les juger à cette aune.
La légitimité naît de cette rencontre : un pays qui sait où il veut aller, une personne capable d’incarner cette ambition et une majorité de convictions qui lui fait confiance pour la conduire.
Voilà pourquoi 60 % dès le premier tour.
Non pour remettre le pays entre les mains d’un homme ou d’une femme. Mais pour donner à celui ou celle qui aura su gagner cette confiance la force démocratique nécessaire pour agir.
Et cette force appelle une contrepartie.
Nos institutions devront retrouver leur fonction, la Constitution son effectivité. Le Parlement devra représenter les Français et contrôler l’exécutif. Le consentement devra redevenir une réalité. Les procédures d’exception devront redevenir exceptionnelles.
Donner la force d’agir. Retrouver la force de contrôler. Reprendre la main !
Voilà le Pacte.
Ça commence aujourd’hui, bien avant une éventuelle candidature. Avec une question très simple : Quel pays voulons-nous ?
Pas vingt-cinq idées. Pas le programme idéal de chacun. Quelques choix suffisamment essentiels pour nous rassembler.
Voyons d’abord si cette France existe. Voyons si nous sommes capables d’être 60 % à la vouloir.
Peut-être alors quelqu’un saura-t-il l’incarner. Peut-être cette personne est-elle déjà là, quelque part.
Si elle apparaît, saurons-nous nous reconnaître dans ce qu’elle porte ? Saura-t-elle gagner notre confiance et nous rassembler ?
Et si cette rencontre a lieu, serons-nous prêts à lui donner, dès le premier tour, la force démocratique nécessaire pour agir ?
Nous avons trop longtemps appris à choisir entre des candidats qu’on nous présentait.
Cette fois, commençons par choisir la France.