Pour rendre possible un choix légitime dès le premier tour
La France s’appauvrit.
Elle perd ses moyens. Elle perd ses marges. Elle perd peu à peu la capacité de tenir les promesses faites aux anciens et d’ouvrir un avenir aux jeunes.
Le pays n’est pas seulement fatigué. Il est arrivé au mur.
Depuis quarante ans, des dirigeants sans mandat clair ont repoussé les arbitrages. Ils ont promis des réformes qu’ils ne pouvaient pas conduire. Ils ont demandé des efforts sans reconstruire la puissance qui permet de les supporter.
Ils ont survécu par la dette.
Puis ils ont survécu par la ponction du travail : la feuille de paie, les prélèvements invisibles, l’effort de ceux qui produisent, entreprennent, paient, transmettent.
Aujourd’hui, ces deux ressources atteignent leurs limites. La dette ne peut plus tout couvrir. Le travail ne peut plus tout porter.
Alors le système regarde vers les dernières réserves du pays : les retraites, la redistribution, l’épargne, le patrimoine, les transmissions.
Mais ceux qui ont laissé cette situation se former n’ont plus la légitimité pour assumer devant le pays les décisions qu’ils jugent nécessaires. Ils chercheront donc à faire venir la contrainte d’ailleurs : des marchés, des règles, des experts, des institutions, des diagnostics extérieurs.
Ce qu’ils n’ont pas su décider avec le pays, ils chercheront à le faire imposer au pays par d’autres.
Voilà ce qui vient.
Mais ce n’est pas une fatalité.
La France a encore des forces immenses : des travailleurs, des entrepreneurs, des ingénieurs, des agriculteurs, des artisans, des fonctionnaires qui tiennent leur mission, des familles qui transmettent, des jeunes qui veulent bâtir, des territoires qui veulent produire.
Le problème n’est pas de mieux gérer l’affaiblissement. Le problème est de retrouver notre indépendance de décision pour rebâtir la production de richesse qui permettra de financer nos solidarités, de tenir nos promesses et d’ouvrir l’avenir.
Une nation qui renonce à produire renonce tôt ou tard à promettre.
Mais cela suppose un mandat clair.
Depuis trop longtemps, l’élection présidentielle est enfermée dans la mécanique du meilleur second et du barrage. Cette mécanique produit des vainqueurs. Elle ne produit pas de mandat.
On ne redresse pas un pays par défaut.
Reprendre la main, c’est sortir de cette impasse. C’est refuser qu’un homme porte seul le pays. C’est rappeler qu’un peuple garde toujours le droit de comprendre, de contrôler et de demander des comptes.
L’enjeu n’est pas d’ajouter une promesse. L’enjeu est de rendre possible, dès le premier tour, un choix légitime pour reconstruire le pays.
Un choix clair.
Un choix assumé.
Un choix qui rende aux décisions françaises leur légitimité française.
Nous avons compris la mécanique.
Nous voyons ce qui vient.
Il n’y a pas de fatalité si nous nous ressaisissons.
Comprendre pour agir.
Reprendre la main pour tenir les promesses et ouvrir l’avenir.