Le citoyen doit pouvoir comprendre. C’est la condition première pour qu’il voir ce que les dirigeants font u ne font pas.
Il n’a pas besoin de devenir expert-comptable, actuaire, haut fonctionnaire ou constitutionnaliste. Mais il doit pouvoir suivre les grandes lignes de ce qui engage sa vie : ce qu’on lui prend, ce qu’on finance avec, ce qu’on promet, ce qu’on reporte, ce qu’on emprunte et qui répond.
Une société moderne est nécessairement complexe. Les flux sociaux, fiscaux, assurantiels et budgétaires sont nombreux. Mais la complexité ne peut jamais devenir une excuse pour rendre le pays illisible à ceux qui le financent.
Quand la complexité devient telle qu’elle décourage ou empêche toute compréhension d’ensemble, elle cesse d’être un simple effet de sophistication. Elle devient un écran.
Et lorsqu’un écran protège ceux qui décident contre ceux qui paient, il faut cesser de l’appeler difficulté technique. Il faut l’appeler brouillard.
Simplifier n’est pas impossible. Simplifier oblige seulement à choisir, à distinguer et à renoncer à certaines opacités confortables.