Le mot « populisme » sert souvent à éviter une question simple : le citoyen comprend-il encore les mécanismes qui organisent sa vie ?
Le populisme existe. Il peut flatter les instincts les moins nobles, simplifier à l’excès, désigner des boucs émissaires et promettre des miracles. Mais demander des comptes n’est pas du populisme. Exiger que des responsables ayant échoué cessent de se présenter comme les seuls capables de réparer ce qu’ils ont abîmé n’est pas du populisme. C’est une règle élémentaire de responsabilité.
Dans beaucoup de pays, un dirigeant qui a échoué s’éloigne du champ politique. Il laisse la place. Il admet que la confiance ne se décrète pas. Quand cette respiration disparaît, quand les mêmes visages restent en place malgré les échecs, alors le dégagisme prospère.
Ce livre ne flatte pas le peuple contre les institutions. Il demande au contraire que les institutions redeviennent lisibles, responsables et contrôlables.
Le populisme promet souvent des solutions simples à des problèmes complexes. Ce livre fait presque l’inverse : il montre comment des mécanismes inutilement opaques ont progressivement éloigné le citoyen des décisions prises en son nom.
Demander des explications n’est pas du populisme. C’est le commencement normal d’une démocratie adulte.