Non. Le livre ne dit pas que le passé était simple, pur ou juste. Il ne dit pas que les années soixante-dix étaient un âge d’or.
Il dit autre chose : les règles du jeu étaient différentes, et beaucoup de jeunes lecteurs ne les ont pas connues.
En comparant deux bulletins de paie éloignés de plusieurs décennies, on voit apparaître un phénomène précis. Le Net réel d’un début de carrière a peu progressé. En revanche, tout ce qui s’est accumulé autour du salaire a fortement enflé : cotisations, contributions, impôts intégrés, surcoût pour l’employeur, opacité du document.
Le passé n’était pas parfait. Mais la logique d’assurance était plus lisible. Les droits n’étaient pas ouverts de manière automatique et illimitée. Les équilibres étaient discutés dans des termes plus simples : qui cotise, pour quel droit, avec quelle contrepartie ?
Puis certaines décisions ont modifié durablement le système. Des droits ont été élargis, des charges ont été déplacées, des financements nouveaux ont été inventés. La contribution sociale généralisée apparaît dans ce contexte : celui d’un système où la cotisation classique ne suffit plus à porter l’ensemble des promesses sociales.
La comparaison ne sert donc pas à sanctifier hier. Elle sert à montrer ce qui a changé : la lisibilité, l’écart entre coût du travail et net reçu, et le rôle de la paie comme support universel de financement.
Il ne s’agit pas de nostalgie. Il s’agit de lecture structurelle.