Non. Le contraire même.
Ce livre part d’une inquiétude simple : un système qui prétend tout protéger, tout compenser, tout amortir, mais qui ne distingue plus clairement ce qu’il finance, comment il le finance et dans quel but, finit par fragiliser l’ensemble.
Sauver ce qui protège vraiment exige de refaire des distinctions claires entre l’assurance, la solidarité temporaire, la politique publique et le financement par la dette.
Il y a des promesses qui doivent être tenues. Une retraite promise pendant quarante ans de travail n’est pas une faveur que l’on pourrait retirer d’un trait de plume. C’est un engagement pris dans la durée, sur lequel des vies entières se sont organisées.
Mais une promesse ancienne tenue ne doit pas devenir une promesse nouvelle impossible pour les jeunes générations. C’est là que se joue la responsabilité politique : honorer ce qui a été promis, tout en reconstruisant un avenir soutenable pour ceux qui arrivent.
Défendre les retraites ne consiste donc pas à cacher leur coût. Défendre les retraites, c’est refuser qu’une promesse légitime soit sauvée par le mensonge, le brouillard ou le transfert silencieux de la charge vers les plus jeunes.
Si l’on refuse ce travail de clarification, on ne protège pas le système ; on prolonge son brouillage. Et ce brouillage finit toujours par coûter plus cher aux plus faibles comme aux plus productifs.