Un État peut toujours emprunter et longtemps. Cela ne veut pas dire que la dette soit sans conséquence.
La dette a une fonction : elle permet d’éviter, pendant un temps, le face-à-face avec la vérité. Au lieu de revenir devant le peuple pour lui expliquer : voilà ce qu’il faut financer, voilà ce qu’il faut couper, voilà ce qu’il faut différer, on reporte. On achète du temps de survie politique. Tenir encore une année, encore un budget. Ne pas s’exposer et maintenir la paix sociale.
Mais la dette a un prix. À force, elle réduit les marges, crée des dépendances, transfère une partie de la charge sur les générations suivantes et évite trop souvent les choix qu’il aurait fallu assumer.
La dette n’est pas seulement un instrument financier. Elle est devenue, dans beaucoup de cas, un instrument politique de report du courage et des décisions.