À propos
Jean-Louis Belaud
Ingénieur agronome de formation (INA Paris), titulaire d’un DEA d’océanographie à Marseille et d’un MBA HEC Montréal, j’ai exercé des responsabilités dans les secteurs des semences et du phytosanitaire, en France comme à l’international. J’ai également été Agricultural attaché auprès de l’ambassade des États-Unis à Paris et consultant en organisation industrielle auprès de plusieurs grands groupes.
Ce parcours m’a conduit à observer les décisions non seulement depuis les bureaux où elles sont prises, mais depuis l’endroit où elles produisent leurs effets : dans une entreprise, une usine, une filière, un territoire, une feuille de paie ou la capacité d’un pays à agir.
J’y ai appris une chose simple : une décision ne vaut pas par l’annonce qui l’accompagne, mais par ce qu’elle produit réellement.
Au fil des années, une même question s’est donc imposée :
comment un pays qui conserve tant d’atouts a-t-il pu perdre une partie de sa liberté de décision, accumuler les charges et la dette, affaiblir son appareil productif et rendre si difficile la compréhension de ce qu’il demande pourtant aux citoyens de financer ?
C’est de cette interrogation qu’est né le livre Le Salaire confisqué, puis le projet civique Reprendre la main.
Les Français paient beaucoup. Pourtant, ils distinguent de moins en moins clairement ce qu’ils financent, quels droits leur sont réellement ouverts, quelles décisions sont prises en leur nom et quelles charges sont déjà reportées sur l’avenir.
Les dispositifs s’ajoutent. Les prélèvements se superposent. Les responsabilités se dispersent. Lorsqu’un problème apparaît, nous avons trop souvent financé ses conséquences au lieu d’en traiter la cause.
Puis la facture revient. Sous la forme d’une dette. D’un service qui ne fonctionne plus. D’un équipement indisponible. D’une industrie disparue. D’une nouvelle taxe destinée à financer une dépense que personne n’a réellement remise en cause.
Reprendre la main est né de ce constat.
Pourquoi Reprendre la main ?
Les Français paient beaucoup. Pourtant, ils distinguent de moins en moins clairement ce qu’ils financent, quels droits leur sont réellement ouverts, quelles décisions sont prises en leur nom et quelles charges sont déjà reportées sur l’avenir.
Les dispositifs s’ajoutent. Les prélèvements se superposent. Les responsabilités se dispersent. Lorsqu’un problème apparaît, nous avons trop souvent financé ses conséquences au lieu d’en traiter la cause.
Puis la facture revient.
Sous la forme d’une dette.
D’un service qui ne fonctionne plus.
D’un équipement indisponible.
D’une industrie disparue.
D’une nouvelle taxe destinée à financer une dépense que personne n’a réellement remise en cause.
Reprendre la main est né de ce constat.
Mais le projet ne consiste pas seulement à rendre le système plus compréhensible.
Il a une ambition plus large :
rendre au pays la capacité de choisir son avenir et à chacun la possibilité d’y construire le sien.
Cela suppose des règles suffisamment stables pour qu’une famille puisse prévoir, qu’un jeune puisse choisir une formation, qu’un entrepreneur puisse investir, qu’un salarié puisse comprendre ce qui est prélevé sur son travail et qu’un retraité puisse compter sur les engagements autour desquels il a organisé sa vie.
Cela suppose également un pays qui recommence à produire suffisamment pour financer ses choix, un État capable d’accomplir les missions qu’on lui confie et une décision politique dont les responsabilités puissent être identifiées.
La démarche part donc des réalités concrètes : la feuille de paie, la dette, les retraites, l’énergie, l’industrie, les infrastructures, les moyens de secours ou les décisions européennes.
Une méthode
Pour chaque sujet, la méthode reste la même.
Il ne s’agit pas de partir d’une solution déjà écrite, encore moins d’un catalogue de promesses. Il s’agit d’abord de comprendre ce qui s’est réellement passé.
Établir les faits. Retrouver les décisions qui ont été prises — et, surtout, celles qui auraient dû l’être. Identifier les rustines ajoutées au fil du temps pour compenser des problèmes jamais réellement résolus. Remonter jusqu’aux causes. Clarifier les responsabilités. Mesurer les résultats. Puis arbitrer.
Cette démarche part d’un constat simple : une dépense, une réglementation ou une administration nouvelle n’apparaissent pas toujours parce qu’un besoin nouveau est né. Elles peuvent aussi être la conséquence d’un problème ancien que l’on n’a pas su, pas voulu ou pas pu résoudre.
On reporte alors la décision. On compense. On ajoute un dispositif. Puis un autre.La rustine finit par devenir permanente et, avec le temps, la raison pour laquelle elle avait été posée disparaît du débat.
Reprendre la main consiste aussi à retrouver ces décisions abandonnées.
Il faut pouvoir distinguer ce qui répond encore à un besoin réel de ce qui ne fait que compenser un dysfonctionnement ancien ; ce qui doit être protégé de ce qui doit être réparé ; ce qui peut disparaître lorsque sa cause a disparu ; ce que nous devons recommencer à produire ; et les dépendances que nous pouvons ou non accepter.
Cette manière de travailler conduit progressivement à quelque chose de plus large qu’une méthode d’analyse.
Elle dessine une philosophie de gouvernement.
Ne pas promettre avant d’avoir compris.
Ne pas supprimer une dépense sans rechercher pourquoi elle existe.
Ne pas ajouter une nouvelle rustine lorsqu’un arbitrage est devenu nécessaire.
Ne pas décider sans savoir qui devra répondre du résultat.
Ne pas demander un effort sans expliquer à quoi il sert.
Et ne pas considérer qu’une décision est réussie parce qu’elle a été annoncée : elle doit être jugée à ses résultats.
Cette philosophie suppose également que ceux qui connaissent les problèmes puissent être entendus.
Dans une entreprise, une administration, un hôpital, une école, une commune ou une filière industrielle, ceux qui vivent quotidiennement un système savent souvent où se trouvent ses blocages, ses incohérences et ses coûts cachés.
Les écouter ne signifie pas leur abandonner la décision.
Le terrain décrit la réalité. Les compétences construisent les options. Les citoyens doivent pouvoir comprendre les choix et participer aux grands arbitrages. Le pouvoir politique décide. L’administration exécute. Les résultats sont mesurés. Et les responsabilités doivent pouvoir être établies.
Écouter n’est pas renoncer à gouverner. Gouverner n’est pas décider sans écouter.
Cette démarche suppose donc également de rendre les décisions lisibles.
Qui a décidé ?
Dans quel objectif ?
À quel coût ?
Pour quel résultat attendu ?
Qui est chargé de l’exécution ?
Qui répond si l’objectif n’est pas atteint ?
Une politique publique ne devrait plus pouvoir se dissoudre dans une succession d’administrations, d’agences, de commissions ou de niveaux de décision jusqu’à ce que personne ne puisse réellement en répondre.
Une mission doit avoir une responsabilité identifiable, des moyens connus et des résultats vérifiables.
La démarche s’appuie aussi sur une lecture plus large des intérêts du pays. Certaines décisions ne peuvent être appréciées uniquement sous l’angle de leur coût immédiat. Elles touchent à notre capacité de produire, de nous protéger, de conserver des compétences, de maîtriser une infrastructure ou de rester libres de nos choix.
C’est notamment pour cela que la réflexion utilise une grille d’analyse géostratégique organisée autour de deux séries de repères :
5T — Territoire, Trident, Troupes, Trésor, Titres.
4I — Intérêts vitaux, critiques, importants et d’influence.
Cette grille n’apporte pas des réponses toutes faites. Elle oblige à poser les bonnes questions : que voulons-nous protéger ? De quoi dépendons-nous ? Que sommes-nous encore capables de faire nous-mêmes ? Que pouvons-nous confier sans danger à d’autres ? Que faudrait-il reconstruire si cette dépendance devenait demain une faiblesse ?
Ainsi, partir d’une feuille de paie peut conduire à s’interroger sur le financement de la solidarité.
Partir d’une dette peut conduire à rechercher les décisions qui ont été repoussées.
Partir d’une fermeture d'usine peut conduire à mesurer une perte de souveraineté.
Partir d’un service qui ne fonctionne plus peut conduire à rechercher non seulement ce qu’il coûte, mais pourquoi il ne remplit plus correctement sa mission.
Peu à peu, des sujets qui semblaient séparés commencent à se rejoindre. La question n’est plus seulement :
combien cela coûte-t-il ?
Elle devient :
Pourquoi en sommes-nous arrivés là ? Qu’avons-nous cessé de faire ? Qu’avons-nous compensé au lieu de réparer ? Que voulons-nous conserver ? Que devons-nous reconstruire ? Et quels arbitrages sommes-nous prêts à assumer ?
C’est à cet endroit que la démarche devient civique.
Reprendre la main est aujourd’hui un projet citoyen.
Son premier objectif est de permettre à chacun de mieux comprendre les décisions prises en son nom, d’en vérifier les raisonnements, d’en mesurer les conséquences et de participer plus lucidement aux arbitrages qui détermineront l’avenir du pays.
Mais un projet citoyen qui s’interroge sur la manière de décider, sur les responsabilités, sur la production, sur la souveraineté, sur les finances publiques et sur les choix qui devront être faits porte nécessairement une dimension politique.
Non parce qu’il chercherait aujourd’hui à imposer un programme ou une candidature, mais parce qu’il pose une question politique au sens le plus simple et le plus essentiel du terme :
comment voulons-nous décider ensemble du pays dans lequel nous voulons vivre ?
Le site rassemble progressivement des analyses, des sources, des documents de travail et des propositions d’arbitrage permettant à chacun de vérifier les démonstrations et de se faire sa propre opinion.
Il ne s’agit pas de demander aux Français de croire un nouveau discours sur parole.
Il s’agit de reconstruire une confiance fondée sur autre chose que les promesses :
des faits accessibles, des règles lisibles, des décisions assumées, des responsabilités identifiables et des résultats vérifiables.
Car comprendre n’est pas la fin du chemin.
Comprendre permet de choisir.
Et choisir, c’est déjà reprendre la main.
Le projet
Le site rassemble progressivement :
des analyses de fond ;
des Cahiers thématiques ;
des questions et leurs justifications ;
des sources permettant de vérifier les démonstrations ;
une communauté appelée à participer, à terme, à ce travail de compréhension.
L'objectif n'est pas d'opposer les Français les uns aux autres.
Il est de permettre à chacun de comprendre les décisions prises en son nom afin de ne plus les subir passivement.
Parce que comprendre : c'est le début de l'action.
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